La justice Française contre les diabétiques ?

le Mercredi 11 juin 2008

C’est une chose que l’on pourrais ce demander. Après l’affaire de Nathalie Belloir, voici un nouveau cas d’injustice cette fois-ci de la part des tribunaux.

Voici les faits: (les noms ont été volontairement changé)

Monsieur X et Madame Y ont un enfant, Sébastien, né en janvier 2006 et ils se séparent. C’est leur vie, leur histoire et celle-ci ne nous regarde pas.
Par son ordonnance de référé de mars 2008, le Juge aux Affaires Familiales du Tribunal de Grande Instance de Niort a refusé à Monsieur X le droit de visite
et d’hébergement élargi que celui-ci souhaitait, ne lui accordant que le mercredi après-midi et un samedi sur deux, sans hébergement, tel que le souhaitait Mme Y.

Cela nous regarderait toujours aussi peu si, parmi les attendus du jugement, ne figurait en bonne place, le diabète de Monsieur X.
Effectivement, une fois exposé que les 2 parties sont d’accord concernant l’autorité parentale conjointe, la résidence de l’enfant chez la mère et le montant de la pension alimentaire, le jugement se trouve ainsi motivé :

  • « Attendu qu’en revanche un autre problème majeur, qui divise les parties sur la nature des relations que M. X peut entretenir avec son fils, à savoir son diabète, mérite que l’on fasse preuve de la plus grande prudence. » Et d’une.
  • « Qu’il peut perdre connaissance (coma diabétique) à tout moment ». Et de deux.
  • « Que l’on s’associe pleinement aux craintes de Madame Y, dans la mesure où Sébastien est en bas âge et qu’il peut se retrouver dans une situation dramatique si son père venait à faire un malaise »… Et de trois.
  • « Que par ailleurs, on peut s’interroger sur l’opportunité pour Monsieur X de faire monter son fils dans sa voiture (…) un malaise au volant de son véhicule pouvant avoir des conséquences dramatiques pour lui-même et l’enfant… sans parler des autres usagers de la route ». Et de quatre.
  • « Que l’on ne peut ne se voiler la face devant les risques pour Sébastien en cas de survenance d’un coma diabétique de son père, sauf à être totalement inconscient et irresponsable, ce que doit se refuser d’être un Juge aux Affaires Familiales… ». Et de cinq.

Comme le fait remarquer à juste titre l’AFD (Association Française Diabétiques), que les choses soient claires. Il y a peut-être mille très bonnes raisons de souscrire aux demandes de Mme Y, mais, en aucun cas, le diabète de M. X saurait figurer au rang de ces motifs là.

À moins que profondément touchés par la conscience et la responsabilité de M. le Juge, il ne faille maintenant se demander s’il ne saurait pas bon qu’une telle décision fasse jurisprudence. Qu’une bonne fois pour toute, il soit établi qu’en cas de séparation, le conjoint ou la conjointe diabétique ne puisse profiter que d’un droit de garde restreint. Tout en n’excluant pas la nécessité d’étendre cette mesure à d’autres maladies, voire à toutes les maladies, on peut profiter de la circonstance pour dénoncer publiquement le scandale de ces centaines de milliers de parents diabétiques qui, en toute impunité, élèvent des enfants !

Songeant aux risques terribles que courent matin, midi et soir ces pauvres petits, imaginant avec horreur que certains puissent avoir leurs 2
parents diabétiques, pensant qu’il vaut mieux prévenir que guérir, nous suggérons humblement que toutes les mères, tous les pères diabétiques se voient retirer leurs enfants. Mais une saine justice ne saurait se contenter d’une telle demi-mesure. Le mieux serait tout bonnement d’interdire aux diabétiques d’avoir des enfants.

Cette décision de bon sens étant prise, il convient de régler un dernier détail. Ainsi, dans sa grande conscience et son immense responsabilité, Monsieur le Juge aux Affaires Familiales s’inquiète au fil de ses motifs, du fait qu’un diabétique puisse conduire. Ne chicanons pas. Mettons fin à cette dangereuse hérésie. Retirons leur permis à tous les diabétiques ! Interdisons-leur de conduire !

En attendant que cet ensemble de mesures de salubrité publique soit prises, il ne reste plus à attendre qu’un jour enfin, le diabète soit considéré comme une infraction à la loi, tandis qu’au nom des graves dangers qu’ils font courir à autrui, les diabétiques soient privés de tous leurs droits et sévèrement punis. C’est une question de conscience et de responsabilité.

Cette affaire illustre une nouvelle fois, que le combat que mène l’AFD contre toutes les discriminations est une lutte permanente contre les préjugés, la sous-information, voire la désinformation. Des millions de personnes travaillent, élèvent leurs enfants, en un mot vivent quotidiennement avec le diabète. Cette vérité, il faudra bien que tous les employeurs, les décideurs de tous ordres et certains juges des Affaires Familiales, finissent par l’entendre.

1 Commentaire »

  1. Commentaire par solsi — 18 juin 2008 @ 20:51

    Bonjour,
    j’ai trouvé cette affaire scandaleuse moi aussi. Il faudrait alors interdire la garde des enfants à toutes les personnes suceptibles d’être malade et d’avoir un malaise.La liste s’avère alors très longue : sida, personne agée, épileptique, personne de plus de 40 ans ayant des facteurs de risques quelquonques, les personnes qui travaillent la nuit en raison de leur fatigue,les cardiaques,les insuffisants respiratoire, les asthmatiques et j’en passe. Cette logique qui se veut bien veillante du juge et fortement discriminatoire mais surtout très simpliste quand à sa vision du monde. J’aurais envie de dire à ce juge que le risque zéro n’existe pas et que je pense que se père savait parfaitement calculer les risques mieux que ce juge sans doute car il s’agit de son enfant.
    J’espère que ce jugement sera cassé car inaxeptable pas seulement pour les diabétiques mais pour tout individu y compris les personne en santé.

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